Excellence Monsieur le Président de la République,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

C’est avec une émotion particulière que je me trouve devant vous aujourd’hui.

J’ai vécu, dans ma vie de femme, d’épouse et de mère, de grands moments de joie. De grands moments de joie, souvent précédés de grands moments de courage. Le courage de faire face à ses aspirations profondes, d’oser se projeter au-delà des préjugés, de se battre, d’agir.

Aujourd’hui est l’un de ces moments.

L’élaboration de cette stratégie, dont les grands axes viennent de vous être présentés, est la somme des petits et grands combats qui ponctuent la vie des femmes de notre pays.

Elle émane de leurs actes de courage pour briser les carcans dans lesquels la société tente de les cantonner et pour faire taire les préjugés, les violences, qui anéantissent leurs rêves, bouleversent des vies et déséquilibrent des familles entières.

Aussi, c’est avec la plus grande conviction que j’interviens à cette tribune, en tant que femme gabonaise et Première Dame, pour soutenir ces engagements qui me tiennent tant à cœur.

Avec le soutien de ma Fondation et aux côtés des militantes et militants de l’égalité, nous avons souhaité mettre en lumière des données inédites et des témoignages édifiants pour engager définitivement la réduction des inégalités fondées sur le genre.

Le benchmarck réalisé permettait d’envisager un large éventail de mesures pour protéger les femmes. Toutefois, il fallait veiller au respect strict du principe d’équité.

Au nom de l’équité, on ne peut privilégier certaines femmes au détriment d’autres. On ne peut octroyer des droits à certaines femmes, tout en dépouillant d’autres de leurs prérogatives.

Les droits des femmes sont une problématique nationale, qui nécessite l’implication de tous les acteurs, des institutions à la société civile. Aussi, avons-nous privilégié la concertation au sein d’une équipe pluridisciplinaire, constituée des différentes parties prenantes.

Durant ces douze derniers mois, dans le cadre du comité de pilotage, un travail de diagnostic et de recommandations a été mené collectivement afin de proposer des mesures réfléchies, jugées prioritaires, adossées à un plan d’action, pour promouvoir les droits des femmes et réduire les inégalités femmes/hommes au Gabon.

Je voudrais ici témoigner, à l’adresse de ces femmes et de ces hommes mobilisés pour l’égalité, mon appui, plein et entier. Saluer leur engagement, constant, précieux, indispensable.

Remercier les Ministères, les Administrations, les Établissements publics, les Entreprises, les associations et représentants du culte, chaque maillon de la chaîne, pour leur mobilisation exceptionnelle, dans un esprit de concertation et de coopération, pour une cause non moins exceptionnelle.

Il revient désormais à l’Etat de proposer de nouvelles approches, des mesures correctives indispensables au bon développement de notre pays, dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la lutte contre les violences basées sur le genre, du travail, de la famille.

En effet, cette question des droits de la femme et de la réduction des inégalités recouvre une réalité complexe.

La quête d’Égalité n’est pas simplement une cause juste. Elle ne répond pas simplement à un devoir de la Nation de reconnaissance et de protection envers ses citoyens.

La quête d’égalité, c’est aussi apporter une réponse au gâchis économique généré par les injustices subies par les femmes.

C’est mettre fin aux inégalités salariales, développer tous les potentiels, encourager à plus de mixité.

C’est apporter une véritable réponse au défi du développement et de progrès social dans notre Nation, avec et par ses femmes.

Il faut donc agir, et agir vite.

C’est en pleine conscience de la gravité des responsabilités que nous devons assumer ensemble, que j’en appelle à une mobilisation sans précédent, dans la continuité de la Décennie de la femme initiée par le Président de la République. Parce que nous sommes arrivés à un point où la société toute entière et les pouvoirs publics en particulier, ne peuvent plus éluder leurs responsabilités.

En effet, notre République peut-elle encore tolérer qu’1 fille sur 2 dans notre pays ne termine pas l’école en raison d’une grossesse précoce ? NON.

Notre République peut-elle encore tolérer que des filles dans notre pays n’aient pas accès à certains métiers parce qu’interdit par la loi, en raison du genre ? NON.

Notre République peut-elle encore tolérer que les avortements clandestins constituent la 2ème cause de décès maternels dans notre pays ? NON et NON. Ce n’est plus possible.

Nous ne devons plus considérer les gestes et les mots d’horreur comme acceptables ou tolérables dans l’intimité, dans le cercle familial ou professionnel. Nous ne devons plus considérer l’innommable comme banal.

Nous devons ouvrir les yeux et considérer chaque réalité, chaque témoignage, comme un cri de détresse, et chaque vécu de violence ou d’injustice, comme une douleur républicaine.

Pour faire face, il n’y a pas mille chemins : nous devons répondre, et sans délai. Il en est de l’intérêt de notre Nation.

Monsieur le Président,

Dans la continuité de cet engagement d’une vie, dont vous êtes le premier confident, je vous remets aujourd’hui, solennellement, ce rapport stratégique de promotion des droits de la femme et de réduction des inégalités femmes/hommes au Gabon.

Je vous remercie pour votre présence à nos côtés et votre précieux soutien.

Rapport égalité femme-homme au Gabon : Allocution de Sylvia Bongo Ondimba
Rapport égalité femme-homme au Gabon : Allocution de Sylvia Bongo Ondimba
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