Le bilan du premier mandat et les législatives, son rôle réel et ses rapports avec Accrombessi, les affaires Veolia et Santullo… De passage à Paris, le directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba a accepté de répondre à toutes les questions de JA. Sans exception.

Brice Laccruche Alihanga, 38 ans, est aussi discret dans les médias qu’il était omniprésent avant sa nomination au poste de directeur de cabinet du chef de l’État. Ardent défenseur d’Ali Bongo Ondimba (ABO) lors de la campagne pour la présidentielle d’août 2016, quand tant d’autres cadres du Parti démocratique gabonais (PDG) jouaient les hommes invisibles, il a écumé les plateaux de télévision et les rédactions, multipliant les interviews et utilisant son Association des jeunes émergents volontaires (Ajev), créée en 2015, pour tenter de convaincre les Gabonais de réélire son champion.

Le 25 août 2017, il est nommé à la tête du cabinet présidentiel, un peu à la surprise générale, en remplacement de Martin Boguikouma. Ancien cadre de PricewaterhouseCoopers (PWC), de la BGFI (dont il est devenu le directeur central au Gabon en 2012) et de la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII), il est originaire du Haut-Ogooué par son père, Louis-André Laccruche Alihanga.

Devenu le plus proche collaborateur du président, c’est lui qui gère son agenda, son courrier, ses audiences et les dossiers les plus sensibles – un poste dévolu jadis à Maixent Accrombessi, victime d’un AVC quelques jours avant la présidentielle. Proche parmi les proches d’ABO pendant deux décennies, craint de tous les membres du Palais du bord de mer ou du gouvernement, objet de tous les fantasmes et vilipendé par l’opposition, Accrombessi n’est plus là, et c’est « Brice » qui a repris la fonction.

Le directeur de cabinet ne quitte guère le chef de l’État, du petit-déjeuner, qu’ils prennent ensemble tous les matins, au débriefing du soir, sur l’imposante terrasse du palais réaménagée il y a deux ans, voire dans la voiture qui ramène ABO à sa résidence de La Sablière. Un poste hautement stratégique, forcément confié à un fidèle, mais aussi très convoité, où l’on peut se brûler les ailes et se créer des cohortes d’ennemis, y compris dans son propre camp.

De passage à Paris le 7 juin, Brice Laccruche Alihanga a accepté de répondre à nos questions. Il nous a reçus à l’heure convenue et sans avoir demandé à l’avance les thèmes qui allaient être abordés, dans une suite du Plaza Athénée, un palace du 8e arrondissement. La situation du pays, les législatives, l’opposition, son rôle réel et ses rapports avec Accrombessi, les leçons du premier mandat, l’affaire Veolia… Il n’a rien éludé. Entretien.

 

Jeune Afrique : L’année 2017 a été marquée par une grave crise politique provoquée par la contestation de la réélection d’Ali Bongo Ondimba, mais aussi par d’importantes difficultés économiques consécutives à la chute des cours du pétrole. Comment va le Gabon aujourd’hui ?

Brice Laccruche Alihanga : Oui, la période a été compliquée. Le Gabon a été fortement touché par la crise, mais nous avons fait la démonstration de notre capacité de résilience. Depuis 2016, il y a eu deux grandes phases. D’abord, l’apaisement de certaines tensions consécutives aux dernières élections : un dialogue politique inclusif a été ouvert, un travail d’unification entrepris par l’exécutif. Ensuite, il a fallu dresser le diagnostic des maux qui frappent notre société et notre économie. Nous en sommes là actuellement. Des réformes ont été engagées dans plusieurs domaines : social, politique et économique. Elles porteront leurs fruits, nous en sommes convaincus, dans les deux ans à venir. Elles déboucheront alors sur une accélération de la relance.

 

J.A : Quelles sont vos relations avec le président Ali Bongo Ondimba ?

B.L.A : Le chef de l’État a choisi de faire confiance à de nouveaux managers au profil différent. Son constat est simple : face aux bouleversements que traverse notre pays, il fallait changer les hommes pour changer les pratiques. Partant, nos relations sont fondées sur la confiance mais aussi sur l’exigence de résultats.

 

J.A : Et avec la première dame, Sylvia Bongo Ondimba ?

B.L.A : Comme beaucoup de Gabonais, je suis admiratif du rôle très important qu’elle joue aux côtés du président, ainsi que de son action à la tête de sa fondation.

 

J.A : Au temps d’un de vos prédécesseurs, Maixent Accrombessi, le directeur de cabinet présidentiel suscitait bien des fantasmes. Tout le monde était convaincu qu’il avait davantage de pouvoir que le Premier ministre et son gouvernement. De quels pouvoirs disposez-vous vraiment ?

B.L.A : L’idée d’un cabinet présidentiel omniscient et omnipotent est un mythe. La Constitution et la loi gabonaises sont claires : le président fixe les grandes orientations, le gouvernement met en oeuvre la politique définie et le Premier ministre coordonne son action. Pour sa part, le cabinet se borne à relayer la parole présidentielle. Chacun son rôle, aucune confusion n’est possible.

 

J.A : Maixent Accrombessi a laissé une trace profonde. Il fut, en son temps, beaucoup attaqué par l’opposition. Quelles sont vos relations avec lui ?

B.L.A : Il y a une tendance au Gabon, comme dans toute l’Afrique, qui consiste à vouloir à toute force comparer les différents titulaires d’un poste. Il y a un président élu depuis 2009. Ce président a une vision qui n’a pas changé entre son premier et son deuxième mandat. Bien sûr, il y a clairement entre ses directeurs de cabinet successifs une différence de style et de manière de procéder. Pour occuper aujourd’hui les mêmes fonctions, je mesure le degré d’exigence que celles-ci supposent. Je ne porterai donc aucun jugement sur l’action de mes prédécesseurs. D’une manière générale, il faut se garder de considérer le passé avec les yeux du présent.

 

J.A : Dans quel état avez-vous trouvé le cabinet ?

B.L.A : Une situation économique délétère dans le pays, une situation politique qui commençait à s’apaiser, mais on n’y était pas encore, et surtout par moments, selon moi, un manque de cohérence globale. Comme tous les pays producteurs de pétrole, nous avons eu une très belle période en début de premier mandat. Depuis, la situation s’est détériorée, il y a eu beaucoup d’abus. Moi qui viens d’un monde totalement différent, j’ai pu apporter un regard neuf, et, comme je l’ai dit au chef de l’État, nous étions dans une situation très grave. Alors nous poursuivons le chemin entamé vers l’apaisement, même si tout cela demeure fragile, tout en restant sereins. Sur le plan économique, nous sommes accompagnés par le FMI et la Banque mondiale. Nous avons d’importantes réformes à mettre en oeuvre, notamment vis-à-vis d’une fonction publique trop importante et d’une masse salariale hypertrophiée. Dans le passé, de nombreux recrutements ont été faits sans postes définis, sans encadrement juridique et sans cadre organique. Il nous faut être courageux et faire ce qui doit être fait. Comme l’a dit Benjamin Disraeli, « réformer ce qu’il faut, conserver ce qui vaut ».

 

J.A : Vous avez écrit L’or jeune. Plaidoyer pour la jeunesse gabonaise, un livre dans lequel vous appelez de vos voeux un rajeunissement de la classe dirigeante. Est-ce aujourd’hui véritablement le problème numéro un du Gabon ?

B.L.A : Ce qui me paraît fondamental, c’est de ne pas confondre jeunesse – ou plutôt renouvellement – et jeunisme. Il y a des gens plus âgés qui veulent faire bouger les choses. Et d’autres, plus jeunes, qui restent prisonniers de l’ancien monde, avec ses roitelets locaux et son économie de rente. Imaginez le roitelet de telle ou telle localité. Il n’a nul besoin de travailler puisqu’il a quatre mille personnes derrière lui. Donc il ne fait rien, mais tout doit passer par lui : l’attribution des postes, les nominations, le choix des entreprises autorisées à travailler… Le président a entrepris d’en finir avec tout cela. Il veut une relation directe avec la population, sans roitelet ni intermédiaire. Il veut que tout le monde ait une chance de réussir. Bien sûr, les idées sont une chose, leur mise en oeuvre en est une autre, beaucoup plus difficile. C’est pourtant ce que nous nous efforçons de faire aujourd’hui. Vous avez sûrement remarqué depuis six mois l’accélération du renouvellement de notre administration. Il n’est pas sain que telle ou telle personnalité puisse rester en poste pendant quinze ou vingt ans.

 

J.A : Les législatives ont été reportées à deux reprises, ce qui a conduit la Cour constitutionnelle à demander la dissolution de l’Assemblée et la démission du gouvernement. Quand le scrutin aura-t-il lieu ?

B.L.A : Après la présidentielle, le climat politique était très dégradé. Le chef de l’État a donc convié tous les protagonistes de la crise à engager un véritable dialogue. À l’issue de ce dialogue, des décisions contraignantes ont été prises concernant notamment la transparence des scrutins. Un Centre gabonais des élections a été mis en place, mais il a fallu au préalable beaucoup discuter de sa composition et de son financement. Tout cela a demandé du temps, et la Cour constitutionnelle a eu raison de prendre ses responsabilités. Maintenant, les législatives auront bien lieu. C’est désormais une question de semaines.

 

J.A : Ne craignez-vous pas une union des forces de l’opposition, comme lors de la présidentielle de 2016, derrière Jean Ping ?

B.L.A : Présidentielle et législatives ne sont en rien comparables. Les enjeux sont différents. Dans le premier cas, on élit qu’un seul candidat, et 143 dans le second ! Chacun fait campagne dans sa circonscription, ce sont les partis qui mènent le jeu. Le contexte est délicat pour Jean Ping. Il s’est rapproché d’un parti il y a deux ou trois ans. Mais l’implantation et l’influence de celui-ci restent très locales, grosso modo autour de Port-Gentil.

 

J.A : Le PDG n’a guère brillé en août 2016

B.L.A : Cette fois, il s’agit d’élections législatives. Et puis, nous sommes attachés à surmonter les causes des tensions apparues en 2016. Par la discussion et par la prise en compte des griefs de l’opposition dans les modifications apportées au processus électoral. Nous en sommes donc convaincus : ces législatives se dérouleront dans le calme. L’opposition est-elle capable de s’unir ? Peut-être, mais cette perspective ne me paraît pas inquiéter outre mesure le PDG, qui a entrepris un travail de renouvellement en profondeur de ses idées et de ses hommes. Alors que le meilleur gagne !

 

J.A : Jean Ping continue de contester la réélection d’ABO. Il s’autoproclame président élu et refuse tout dialogue

B.L.A : Le dernier gouvernement compte sept ministres d’opposition parmi les plus radicaux, comme Jean de Dieu Moukagni. Il me semble que M. Ping s’arc-boute sur ses positions, mais qu’il est très isolé. Tout le monde est passé à autre chose. Les hommes politiques ont bien compris qu’ils n’auront pas avant longtemps d’autre occasion d’exercer des responsabilités. Presque tous s’apprêtent à participer aux législatives. Jean Ping préfère rester à l’écart. C’est son choix.

 

J.A : Au-delà des contestations et des polémiques, Ping a bel et bien recueilli près de la moitié des suffrages en 2016. N’est-ce pas un cinglant désaveu ?

B.L.A : Une frange importante de la population a exprimé son mécontentement. Il s’est ensuivi une période de transition pendant laquelle le président a fait le choix d’engager le dialogue afin d’apaiser les tensions. Par la suite, il y a eu le rajeunissement forcé de l’administration et la reprise en main par le chef de l’État de la gestion de la chose publique. Le signal est fort. Tous les opérateurs voient bien que l’administration commence à être tenue, qu’elle a reçu l’instruction de travailler à la mise en oeuvre des réformes. Aujourd’hui, nous avons une unique obsession : changer le quotidien des Gabonais, qui ne nous demandent pas autre chose que d’améliorer l’emploi, l’éducation, la santé ou l’accès à l’eau et à l’énergie.

 

J.A : Vous avez annoncé au début de l’année le remboursement d’une partie de la dette intérieure. Pour les entreprises, c’était une vraie bouffée d’oxygène. Or il semble que les sommes dues n’aient pas encore été totalement payées…

B.L.A : Les discussions entre les banques et l’administration ont pris plus de temps que prévu. Mais il fallait s’assurer que l’argent soit versé à qui de droit. Une première tranche de plus de 90 milliards de F CFA a été payée aux entreprises. Le processus est donc enclenché et il se poursuivra jusqu’à son terme.

 

J.A : La rupture du contrat de concession attribué à la Seeg, filiale du groupe français Veolia, a suscité polémiques et tensions. Ledit contrat venait pourtant d’être renouvelé pour cinq ans…

B.L.A : Cet opérateur est présent au Gabon depuis une vingtaine d’années. Constatant certains manquements, le président a fait part à de nombreuses reprises de son mécontentement. Les différends portent sur plusieurs points qui ont entraîné une forte dégradation de la qualité de service. Nous avons cependant souhaité, en 2016, donner une nouvelle chance à notre partenaire. Mais face à la dégradation continue de la situation, nous n’avons eu d’autre choix que de reprendre en main la gestion. Il ne s’est pas agi d’expulser qui que ce soit, comme j’ai pu le lire ici ou là, mais d’exercer notre droit légitime de réquisition d’usage. Aujourd’hui, nous entendons trouver une solution apaisée, même si un certain nombre de questions, notamment sur le plan environnemental, nous préoccupent. C’est toujours pareil quand quelque chose tourne mal dans un partenariat : vous faites les comptes – qui doit combien à qui ? –, vous vous serrez la main et vous continuez.

 

J.A : Quels sont vos principaux griefs ?

B.L.A : Le fait que les objectifs fixés n’aient pas été atteints, le non-respect des engagements en matière d’investissement, de maintenance des équipements et du réseau, ou encore la gestion opérationnelle défaillante. Au-delà, ce qui nous a heurtés, c’est la perception d’un double standard entre l’Afrique et le reste du monde. En clair, certaines entreprises s’autoriseraient à fournir chez nous une qualité de service inférieure et à un prix supérieur à ce qu’elles proposent ailleurs dans le monde.

 

J.A : Veolia fait valoir que c’est l’État gabonais qui n’a pas tenu ses engagements, notamment financiers…

B.L.A : Nous n’avons pas suffisamment investi, c’est un fait. Mais Veolia a gravement failli à ses obligations et a ignoré nos revendications. Il faut que nos partenaires comprennent que nous avons bien l’intention de défendre nos intérêts, quel que soit le prix à payer. Nous avons changé d’époque. Le Gabon, à l’instar des autres pays d’Afrique, ne se laissera plus marcher sur les pieds.

 

J.A : Les autres investisseurs étrangers ont-ils des raisons de s’inquiéter ?

B.L.A : Les choses sont claires : les entreprises, à partir du moment où elles respectent leurs obligations légales et contractuelles, n’ont aucune raison de s’inquiéter. Nous sommes un pays ouvert au business, pourvu d’une fiscalité très attractive et disposant d’une zone franche. Mais si vous ne respectez pas la loi et si vous menacez l’intérêt général, vous vous exposez à une remise en question de votre concession, quel que soit l’État qui est derrière vous.

 

J.A : Vous parliez d’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé ou à l’éducation… Qu’est-ce que l’État est en mesure de promettre aux Gabonais dans ces différents domaines ?

B.L.A : De nombreux projets phares ont été mis en route au cours du premier mandat. Certains ont abouti, d’autres pas. D’autres encore ont été retardés ou différés en raison de la crise. Souvenez-vous que, en décembre 2017, le chef de l’État a fait un certain nombre d’annonces dans les domaines de la santé avec la gratuité des frais d’accouchement, de l’électrification verte avec l’installation de 5 000 lampadaires solaires cette année, de la gestion de proximité par les populations avec la création d’un Fonds d’initiative départementale… Chaque département gérera désormais un budget de 1 milliard de F CFA. Cette décentralisation va révolutionner le pays et freiner l’exode rural. D’autant que 925 pompes à eau seront installées cette année. Vous voyez que les préoccupations des Gabonais sont prises en compte. J’ajouterai que l’ensemble des écoles primaires publiques vont être rénovées, alors que la plupart ne l’avaient pas été depuis le début des années 1980. Ce sont là des décisions très concrètes, qui ne s’opposent d’ailleurs pas aux grands projets et chantiers que nous menons parallèlement. Toutefois, notre priorité absolue demeure l’emploi. Nous allons favoriser la création d’emplois dans le secteur privé formel à travers une logique de filières, à la fois dans les secteurs traditionnels et dans les nouveaux domaines que sont le numérique ou l’environnement. Ce dernier point est important, car nous entendons faire du Gabon un leader en matière de croissance verte, tout comme nous entendons mettre l’accent sur l’agriculture durable. D’une manière générale, notre ambition est de faire monter en gamme notre économie, de créer sur place davantage de valeur ajoutée et de continuer à réduire notre dépendance vis-à-vis des matières premières.

 

J.A : Avec le recul, quel bilan faites-vous du premier mandat ? Et, surtout, quelles conclusions en tirez-vous pour le second ?

B.L.A : Il serait présomptueux d’affirmer que le premier mandat a été un succès sur toute la ligne. Il y a eu des avancées importantes, facilitées par la hausse des prix du pétrole. Mais il y a eu aussi des erreurs dans le choix des hommes et le contrôle de leur travail. C’est un peu l’histoire de la cigale et de la fourmi. Quand le prix du baril était très élevé, certains se sont cru tout permis. Il y a eu de nombreux errements. Les ayant constatés, le président a engagé un certain nombre de changements qui vont dans le sens d’une plus grande rigueur dans la gestion des deniers publics. Parce que le problème, encore une fois, n’est pas la stratégie – qui est bonne et qui, j’en suis convaincu, va faire du Gabon l’une des locomotives de l’Afrique francophone à l’horizon 2023- 2030 –, c’est surtout le choix des hommes chargés de la mettre en oeuvre.

 

J.A : Il va de soi que réformer un pays marqué par le culte de l’argent facile n’a rien d’une sinécure. Mais ce qui choque les Gabonais, c’est l’impunité dont ont bénéficié de nombreux hauts responsables…

B.L.A : Entièrement d’accord avec vous. Nous, les plus proches collaborateurs du président, devons être exemplaires pour que tous les autres le soient aussi. Des dispositions importantes ont été prises pour éviter le renouvellement des erreurs du passé. Et puis, la crise peut aussi avoir des effets bénéfiques. Elle oblige les collaborateurs du président à lui dire la vérité concernant l’état d’esprit de la population. Vous avez entendu parler de l’opération Mamba, qui concerne notamment l’un des gros dossiers du premier mandat : l’affaire Santullo. Ces affaires-là ressemblent à une pelote de laine : plus on tire de fil, plus il en vient. Mais toute la lumière sera faite. Ensuite, il sera temps de réfléchir au moyen d’en finir avec la gabegie et la corruption. Cela ne se fera pas en six mois, parce que c’est un problème qui dure depuis quarante ans. Mais je suis persuadé qu’avec le temps, avec l’exemple de coupables équitablement sanctionnés, les comportements vont changer. Ils ont d’ailleurs déjà commencé de le faire avec l’arrivée de managers venus de la diaspora ou qui n’étaient pas aux affaires pendant le premier mandat. De son côté, le chef de l’État n’a pas hésité à remanier en profondeur son gouvernement, ainsi que la haute administration. Il veut une rupture rationnelle, avec un style beaucoup plus directif que par le passé. Je dois vous l’avouer, je n’ai aucun problème avec ça. Cela me plaît, même. À sa manière, le Gabon vient lui aussi d’entrer dans le nouveau monde.

 

FIN

Interview Jeune Afrique (17 au 23 Juin) Brice Laccruche Alihanga : « Le temps de l’impunité est révolu »
Retour à l'accueil